Bonne fête des Patriotes!
- 17 mai
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Lundi c'est la journée nationale des Patriotes, un mouvement populaire principalement reconnu comme antécédent du nationalisme québécois moderne, mais dont les principaux objectifs à l'époque furent l'instauration d'un gouvernement responsable et plus démocratique (les ministres de l'époque étaient nommés par le lieutenant gouverneur et n'avaient pas à répondre aux questions ou dépendre de votes de confiances des députés élus de la législature) ainsi que le défense des droits et libertés individuelles. Pointe-Claire avait son propre "Patriote" notable dans le Docteur Michel-François Valois, sur lequel la Société pour la Sauvegarde du Patrimoine de Pointe-Claire a publié le texte suivant en 2024:
le Docteur Michel-François Valois (1801-1869):
Né à Pointe-Claire le 20 août 1801, fils de Pierre Valois, cultivateur, et de Marie-Catherine Lefebvre. Pierre Valois sera capitaine de milice. Il entreprend des études à l'Institut médical de Montréal, en 1824-1826, et pratique la chirurgie à l'Hôpital Général de Montréal pendant deux ans. Il fait une demande de permis de pratique le 19 avril 1826. Aussitôt établi à Pointe-Claire, en 1830, il est élu syndic d'école et juge de paix. Le Dr Valois épouse Marie-Louise-Florence-Eudoxie Godin (Pointe-Claire, 28 juillet 1835), fille de François-Xavier Godin, cultivateur, et de Marie-Julie Ricard, de Saint-Clément (Beauharnois).
Après l'adoption des 92 Résolutions par la Chambre des députés du Bas-Canada, en 1834, le Dr Valois, homme influent dans son milieu, milite en faveur de ces résolutions dont la principale vise à obtenir que les conseillers du gouverneur soient élus. Le mouvement politique réformiste qui est devenu celui des Patriotes de 1837-1838 visait à obtenir plus de pouvoirs pour la Chambre d’assemblée des députés élus, face à un gouverneur nommé et envoyé par Londres, et ses conseillers, choisis par le gouverneur, principal moteur du gouvernement colonial. La Chambre d’assemblée demandait une réforme du système de justice et l’élection des conseillers.
En avril 1837, quand sont connues les Résolutions Russell, venues de Londres et qui constituent la réponse négative aux 92 Résolutions des Patriotes, la réaction d'indignation est immédiate. Dans toutes les régions du Bas-Canada, on organise des assemblées anticoercitives. À ce moment, apparaît le caractère vraiment militant du Dr Valois, présent, le 7 mai 1837, à l'assemblée patriote de Saint-Ours, dans le comté de Richelieu. À cette réunion où les résolutions présentées favorisent les principes républicains et font état des droits canadiens, Valois propose deux résolutions. Il participe aussi à l'assemblée anticoercitive de Saint-Laurent, le 15 mai 1837, sous la présidence de Louis-Joseph Papineau. Lors de cette réunion qui fait appel à une convention générale, le Dr Valois propose une résolution. Il est nommé à un comité pour représenter la cité et le comté de Montréal.
Le Dr Valois assiste à toutes les réunions publiques patriotes qui se tiennent dans l'ouest de Montréal, à Sainte-Anne-de-Bellevue, à Pointe-Claire, à Sainte-Geneviève. Dans ses nombreuses interventions colorées, il attaque les marchands anglais qui monopolisent le commerce, les terres et le pouvoir politique. Le 15 juin, le gouverneur, lord Gosford, émet une proclamation interdisant les assemblées de protestation organisées par les patriotes. Valois ne s'arrête pas à cette interdiction: il continue à organiser des rassemblements réguliers dans sa propre maison. Il va même jusqu'à organiser la résistance armée dans le comté de Deux-Montagnes. Le 29 juillet 1837, il est destitué de sa commission de juge de paix.
Il ne participe pas aux batailles de Saint-Denis et de Saint-Charles. À la suite d'un affidavit déposé le 11 décembre 1837, par Guillaume Mallette, Paschal Legault et William Glasford, il est mis en accusation pour avoir tenu des propos méprisants à l'endroit du gouvernement. Une escouade entière de soldats se présente pour l'arrêter, mais il a le temps de prendre la fuite. À la fin de décembre 1837, il se rend aux États-Unis pour acheter des armes.
Il serait revenu au Bas-Canada au moment de l'amnistie générale promulguée par lord Durham, le 8 juillet 1838. Il fut éventuellement élu député de Montréal de 1851 à 1854; de Jacques-Cartier de 1854 à 1858, le tout comme membre du Parti rouge, ancêtre de l'actuel Parti libéral.
Le Dr Valois est décédé à Pointe-Claire, le 24 mai 1869. Sa fille, née Marie-Sophronie-Alodie Valois (1842-1884) étudia la médecine à Boston, pratiqua comme sage-femme à Beauharnois et à Pointe-Claire où elle est décédée. Elle serait la première femme à ouvrir les chemins pour l’entrée des femmes en médecine au Québec.
La maison du Dr. Valois, construite avant 1860, existe toujours dans le quartier de Lakeside, mais sera bientôt démolie, parce qu'elle se trouve parmi les immeubles sujets au Plan d'aménagement d'ensemble convenu entre la Ville et le promoteur immobilier Groupe Khoury, qui entend construire des condos de luxe sur le site.


